BILLETS D'HUMEUR

Yves MASSOT

Yves MASSOT

Réponse à Alain JOUANNET, membre de la fédération de la libre pensée

 

Copie de l'article de presse de la Nouvelle République du 24 décembre 2015

 

Les responsables de la fédération d'Indre-et-Loire de la Libre Pensée ont-été reçus dernièrement par le vice-président du conseil départemental chargé des collèges, Judicaël Osmond. A cette occasion, les représentants du mouvement athéiste ont défendu « le principe républicain des collèges publics laïcs », tout en dénonçant le financement des établissements catholiques par la collectivité. 3 M€ sont ainsi versés chaque année au profit des 17 collèges privés du département. « Bien que financés par l'impôt, ces établissements font ce qu'ils veulent », s'insurge la Libre Pensée en soulignant que 11 de ces collèges privés ont moins de 300 élèves alors que la jauge idéale énoncée par le conseil départemental est de 600 élèves. Par ailleurs, les défenseurs de la laïcité a rappelé le « principe de neutralité » qui s'impose aux collectivités territoriales vis-à-vis des activités cultuelles telles que les festivités de l'année martinienne. Un nouveau rendez-vous a été pris avec Judicaël Osmond pour connaître précisément le montant des financements accordés par le Département dans ce cadre.

 

En réponse à ces quelques lignes, j'ai rédigé ce billet qui se veut surtout être de mauvais humeur !

 

Liberté, égalité et fraternité sont les trois mots qui forment la devise de la République Française. En 1958, Michel Debré la fait figurer dans l’article 2 de la constitution Française, ce qui en fait, depuis lors, une valeur Républicaine et Constitutionnelle.

 

La laïcité est fondée sur le principe de la séparation des églises et de l’état (loi de 1905). Ce n’est pas une valeur mais un principe juridique qui autorise de croire ou de ne pas croire, de pratiquer une religion ou non, de pouvoir changer d’avis et de religion. Il n’y a pas de hiérarchie entre les croyances, les croyants et non croyants. Ça entraîne une neutralité de l’état en matière religieuse. En 1946, le principe de la Laïcité est inscrit dans le préambule de la constitution, ce qui en fait également un droit constitutionnel.

 

Ces principes de base étant rappelé, il ne faut pas tomber dans l’excès du laïcisme ou de l’anticléricalisme. La Laïcité ne doit pas être un paravent derrière lequel on camoufle la ou les religions. La laïcité est une loi basée sur la tolérance puisqu’elle laisse les gens libres dans leurs choix. A l’inverse, les libres penseurs sont mal fondés dans leur communiqué de presse, pour critiquer l’enseignement catholique et le financement de l’année Martinienne. Une telle démesure est illégale puisque trop intrusive au sens de la loi de 1905.

 

En effet, depuis la loi de 1959 de Michel Debré, il est acquis que l’état doit subvenir aux frais de fonctionnement des établissements privés qui remplissent une mission de service public et ont signé avec l’état un contrat. Les enseignants n’ont pas le statut de fonctionnaire mais sont rémunérés par l’état. D’après les dispositions de l’article L.442-5, « les dépenses de fonctionnement des classes sous contrat sont prises en charge dans les même conditions que celles des classes correspondantes de l’enseignement public. De plus, la loi du 23 avril 2005 sur l’avenir de l’école a précisé que la contribution des communes à l’enseignement privé ne pouvait pas dépasser le coût d’un étudiant dans l’enseignement public. Cette précision est de nature à anéantir les inquiétudes mal fondées de Monsieur Alain Jouannet.

 

Quant au financement de l’année Martinienne par la commune de Tours et le département, le manque de discernement de la fédération de la libre pensée, me rend perplexe sur sa difficulté à dissocier les activités touristiques, religieuses et festives. Martin de Tours est célèbre nationalement et internationalement pour avoir porté haut et fort le symbole du partage depuis des siècles ; là encore, on ne peut pas nous reprocher de mettre en exergue et en « lumière » cette valeur fondamentale ainsi que le patrimoine attaché à Martin de Tours. Rappelons que les associations caritatives ont basé toute leur activité sur ce principe (resto du cœur, la banque alimentaire, le secours populaire, etc)

 

Un exercice de sémantique s’impose pour bien différencier les notions de laïcité, laïcisme, dogme, et sectarisme. Par ailleurs, j’avais cru comprendre qu’un des symbole porté par les libres penseurs était la TOLÉRANCE. Il est toujours temps de réviser ses fondamentaux.

 

La laïcité, c’est avant tout le guide du « routard » du bien vivre ensemble.

 

Ajouter un commentaire

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster vos commentaires